Le
Salon du Livre Africain de Paris (SLAP), dans sa 5ᵉ édition qui s’est tenue les 21 et 22 mars 2026 au Réfectoire des Cordeliers
(Quartier Latin), a été un franc succès. L’affluence était très
forte.
De
longues files d’attente à l’entrée, un public varié et
nombreux (à dominante africaine, avec une forte présence de
jeunes), des séances de dédicaces animées et des tables rondes
bien fréquentées.
On
pouvait noter la présence de Mandiaye Diallo, auteur de l’ouvrage
novateur ‘La
quatrième blessure: Pourquoi l’Afrique doit gagner la guerre
numérique’ (l’Harmattan Sénégal), véritable succès de
librairie. Dans ce livre, l’auteur revient sur le
long cycle d’exploitation, de la traite négrière aux logiques
actuelles de dépendance technologique et montre comment chaque
révolution industrielle a servi les puissances étrangères. Il
propose une autre voie : faire du numérique un levier d’emplois
pour la jeunesse, de puissance pour les États et de dignité pour
les peuples sur
le sol africain.
Près
de 400 auteurs et 150 éditeurs venus d’une vingtaine de pays
(Afrique, Europe, Amériques, Caraïbes) était présents, dont le
Bénin, pays invité d’honneur et l’Angola invité spécial.
Cette
année, le thème central c’était la jeunesse africaine. Le salon
s’est imposé en quelques années comme le rendez-vous
incontournable de la littérature africaine et afro-descendante en
Europe, servant de plateforme pour les auteurs, éditeurs et
lecteurs. Il
existe une littérature vivante, des diasporas africaines, l’occasion
pour nous d’aller au-delà du salon avec trois suggestions.
‘Coeur
Canari (ou cahier d’un retour au Gabon natal)’, un récit bref,
percutant où le chanteur franco-gabonais Jann Halexander décrit son
retour au Gabon après 23 ans d’absence. Il y décrit une société
en plein changement suite au changement de régime politique, aborde
son rapport avec les communautés LGBT locales et évoque l’enfance
et l’adolescence sous la dictature Bongo.
«
Les Tontons Frimeurs de Brazzaville » de l’écrivain congolais
Célestin Diabangouaya, paru en octobre 2025 (son cinquième roman)
est une satire sociale acide et parfois tendre qui plonge dans la
diaspora congolaise (notamment à Brazzaville et en France), en
mettant en lumière l’obsession du paraître, de l’ostentation et
du luxe ostentatoire, souvent lié à la Sape (Société des
Ambianceurs et Personnes Élégantes). Un roman qui gagnerait à être
davantage connu et lu, tant son écriture est remarquable.
Remarquable
aussi est l’écriture de Ben Nodji dans ‘Le chemin de croix d’un
troubadour’. L’écrivain français d’origine comorienne raconte
le parcours sinueux et riche en
rebondissements d’un troubadour (chanteur,
auteur-compositeur-interprète et guitariste) qui tente de vivre de
sa musique et de son art. Il nous parle de lui, évidemment et nous
fait voyager dans le temps et dans les nuits parisiennes avec humour
et sincérité.
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ouvrages sont disponibles (entre autres) sur amazon.